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Scandale/Litige foncier à Koumassi : Un septuagénaire agressé sur son terrain

Décontracté, l’air chaleureux, Soumaila Diabagate s’empresse de nous accueillir sur une partie de sa vaste propriété, qui abrite le lavage automobile de son épouse. Dans l’après-midi de ce Jeudi 06 Février, le soleil se fait téméraire. Comme s’il avait emprunté quelque chose du tempérament de cet homme d’affaires que rien ne semble être en mesure de faire reculer.

Cette rencontre avec la presse, le septuagénaire l’a voulu pour exposer les agissements d’une engeance qui selon lui, ourdit toutes sortes de complots depuis maintenant 9 ans pour s’accaparer une partie de ses lots régulièrement acquis en 1982 auprès de la Société d’Equipements des Terrains Fonciers (SETU), structure de l’état de Côte d’Ivoire.

« Ceux qui l’ont fait, m’en voulaient »

À 75 ans révolus, Soumaila qui a longtemps fait fortune dans le ciment, nous explique que ses « problèmes ont commencé depuis 2016 » lorsqu’un certain Sangaré dit JB aujourd’hui décédé, aurait débarqué sur son site accompagné de badauds et d’éléments de la police municipale.

Le prétexte de leur présence sur les lieux, se souvient-il, était qu’ils prétendaient avoir obtenu de l’ancien maire de la commune de Koumassi, Raymond Ndohi, une autorisation de dragage du fronton lagunaire. Ce qui nous fait remarquer notre interlocuteur, n’est aucunement du ressort de la municipalité mais plutôt du ministère de la construction qui en la matière, incarne l’autorité de tutelle.

« J’ai pensé que ceux qui ont agi ainsi, m’en voulaient », s’indigne-t-il. Non sans signifier que les nombreuses descentes effectuées sur son site, étaient menées par des supplétifs de la mairie.

« Nuitamment, ils ont loti mon terrain »

En effet, l’on constate sur le vaste espace qu’occupe Soumaila Diabagate, la destruction de sa clôture. Un précédent dangereux quand on se rend compte qu’il s’est fait construire une piscine qui depuis lors, est laissée libre d’accès à n’importe quel quidam désireux de se baigner avec tous les risques de noyade que cela comporte. Et ses adversaires ne s’arrêtent pas là.

« Un dimanche », indique le septuagénaire, « je me suis levé pour faire mon sport. Et je constate qu’ils ont planté des bornes pour vendre des lots de 100 à 150 M2. C’est le maire Ndohi qui à l’époque en avait donné l’autorisation. Nuitamment un Samedi ». Une opération qu’il décrit comme ayant été encadrée par la police municipale.

En dépit des multiples convocations dont la mairie aurait selon lui fait l’objet au ministère de la construction, jamais ses représentants n’auraient daigné s’y rendre.

Jusqu’à l’heure actuelle, le doyen d’âge à la texture capillaire grisonnante, soutient, continuer de souffrir le martyr.

 

Des intimidations et une omerta qui dérange

Les menaces, les tentatives d’intimidation, il affirme en avoir vu de toutes sortes des vertes et des pas mûres dans cette affaire. Pourtant, assure-t-il, il bénéficie d’un bail emphytéotique dûment octroyé par l’état de Côte d’Ivoire en 2023 pour une exploitation de 25 ans du fronton lagunaire. Un document qu’il nous brandit d’ailleurs.

Par souci d’équilibre, nous avons tenté de joindre les différentes personnes citées au niveau de la mairie et du ministère de la construction. Tous à l’exception du chef du service juridique de la mairie de Koumassi, qui a accepté dans l’immédiat de nous confirmer son rôle dans la gestion de ce dossier visiblement un peu trop brûlant. Il reconnaît s’etre rendu sur les lieux où il a effectivement fait le constat de l’illégalité des travaux réalisés.

Cependant, malgré nos insistances pour en savoir plus sur le retour que lui a fait sa hiérarchie à la suite de son rapport, il a préféré nous ramener au secrétariat général de la mairie.

Les efforts se poursuivent pour obtenir des éclaircissements de la part de l’autorité municipale afin de donner une suite impartiale à cette enquête.

RM

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